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recensioni concerto OvO a La Malterie,
Lille, Francia
21 settembre 2005

 

 

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ZERO WATT - OvO
Lille, La Malterie, le 21 septembre Le mercredi, c'est logiquement la sortie ciné. Et bien pour ne pas faillir à ce rendez vous hebdomadaire, les promeneurs attardés qui sont entrés à la Malterie ont eu droit à leur séquence ciné avec ......... Mais les images soniquement animées défilant sur l'écran n'étaient qu'un appel destiné à faire sortir de leur tanière les dangereux ZERO WATT pour les attirer sur le tapis de la scène. Ce subterfuge dépassa toutes les espérances car comme le dit le vieil adage, un ZERO WATT peut en cacher un autre, ils laissèrent place non pas à un uovo, mais à un OvO tout court et tout aussi aventureux qu'eux. L'oeuf rapidement réduit à l'état de bris laissa place à OvO, double créature flirtant avec des mondes bruitistes qui font dire à certains que ce n'est pas de la musique. On les présente comme une entreprise libre, bruitiste et théâtrale, bref comme un truc hors norme qui n'accédera à la FM que lorsque que ZERO WATT sera N°1 au top 50 avec son steak haché. Sur le tapis de la Malterie, OvO se matérialise en une sorte de moine masqué frappant dans un premier temps une batterie et une guitariste-chanteuse, masquée elle aussi, un tantinet vamp avec sa robe fendue et ses dessous rouges et noirs. Musicalement, je m'attendais à un truc équivalent à un Katrina ou un Rita force 5+, j'avais sans doute raison mais les expériences cinématosoniques et ZERO WATT avait bien aplani et défriché le terrain facilitant l'absorption à doses massives de sons venus d'ailleurs, de Milan en l'occurrence. Le concert se déroula en deux phases et ce choix s'est avéré excellent. La première fut la plus rock, la plus accessible et continuait la préparation des oreilles et des neurones aux expériences sonores entreprises dans la seconde. Leur "rock", j'ose employer ce terme faute de mieux, à deux instruments, batterie et guitare, a un côté hypnotique, déstructuré, empreint des expériences passées ou actuelles ; ça va des débordements hallucinés d'unPINK FLOYD* hardcore industriel période pré-Meddle, des chemins parallèles à ceux empruntés par un KAS PRODUCT à des compos où la voix devient tribale sur des rythmes fous en passant par des phases bruitistes stridentes sous la forme d'un concerto pour violon et pédales torturés de phiphenomena. Bien qu'hypnotique, répétitif, le duo en devient baroque et acceptable plus facilement par des oreilles non vraiment formées. C'est alors que la chanteuse-guitariste s'empara d'un archet et se servit de sa longue chevelure pour sortir des sons carrément venus d'ailleurs, peut-être une matérialisation audible des sensations ressenties par les neurones de cette femme-violon ou un voyage dans le monde industriel. Et la suite oscilla comme un métronome sous acide entre musique et bruitisme mêlant violon, voix et basse non pas jouée avec les doigts mais avec des baguettes, sans oublier des percussions diverses trouvées dans l'ossature même de la salle. Pour autant personne n'a fuit, le silence se faisait même à certains moments délicats. Au contraire, leurs expérimentations savantes, l'éclosion d'une musique inhabituelle dont la voix parfois donne le rythme, s'avale, se gobe sans problème pour peu que l'on ait envie de sortir des sentiers battus. N'en croyant d'ailleurs pas mes oreilles, l'écoute de leur CD le lendemain matin au petit déjeuné m'a conforté dans mon jugement. Seul mon dernier, Ulysse, six ans, n'avait pas l'air trop d'accord : "Papa, ta musique, elle est nulle". Déjà l'esprit de contradiction... Mais il est vrai qu'au petit déjeuner les BETES de SCENES sont plus faciles d'approche, mais c'est une autre chasse.
Juste un nom connu pour se raccrocher à quelque chose ; phénomène sonique sensible dans Ombra nel Ombra. Et en se laissant aller, on ressent aussi des ambiances à la KING CRIMSON (La Peste)... Mais pour rassurer les connaisseurs puriste qui doivent sans doute hurler avec ces rapprochements - suffit d'écouter -, rien du OVO de Peter GABRIEL en dehors du nom

Les extraterrestres ne sont peut-être pas encore parmi nous mais s'ils sont en stand-by quelque part, ils pourraient bien être pris de l'envie de débarquer en captant cette musique là.
Enfin, Monsieur Kirm interagit avec son public: il raconte des petites choses sur le morceau qu'il va jouer, il demande si ça va et si des gens au fond de la salle, c'est à dire au bar, l'interpellent bruyamment pour une raison ou pour une autre, il répond sur le même ton: Antioche Kirm joue une musique qu'il est aller pêcher très loin de ce bas monde mais il ne faudrait pas croire pour autant qu'il vit sur une autre planète, coincé dans son trip. Non, non: il répond quand on lui parle!Les deux musiciens d'OVO <http://www.barlamuerte.com/bands/ovo/index.htm> , par contre, viennent vraiment d'ailleurs, plus précisément de Milan, comme le dit l'affiche, alors on comprend qu'ils ne parlent à personne. Après toutİ Chi parla italiano a Lescheraines? Si des locaux ont appris un peu d'italien à l'école, comme ils ne le pratiquent jamais, ils ont presque tout oublié.
Donc, non seulement OVO ne parle pas au public mais ce batteur et cette guitariste/violoniste/chanteuse/etc. portent aussi des masques, ce qui rend leur apparence un rien mystérieuse, limite inquiétante, et lorsqu'ils commencent leur numéro et font signe aux spectateurs d'approcher plus près, certains pourraient être pris de l'envie de se montrer un peu prudents, limite méfiants.Mais non! Il ne faut pas avoir peur! Ca ne mord pas! Et quand le batteur quitte la scène, c'est pour aller taper sur tout ce qu'il trouve, ou jette par terre, mais pas du tout sur le public!
Ce samedi soir là, OVO a montré aux Baujus (habitants des Bauges) qu'il est possible de faire des choses vraiment pas croyables avec ses instruments, ou sans instruments: un archet sur une dread, ça marche aussi très bien! Ou vous avez une vieille guitare électrique pourrie dont vous ne savez plus quoi faire? Posez-là par terre et tapez dessus! OVO, c'est sauvage! "Wild", en anglais. En duo avec un groupe de métal genre Slip Knot, ils ne dépareilleraient probablement pas, sûrement à cause de leurs masques et de leur gros bruit (plus exactement, nous dit l'affiche, ils font du "noise bruitiste expérimental") mais la "sauvagerie" d'OVO n'évoque pas seulement la brutalité froide de l'ère des machines: elle semble venir de plus loin et jaillir de ces racines primitives et ancestrales que nous avons tous en commun.
Ainsi, la chanteuse, qui ne doit pas faire plus d'1m60 et 50 kilos toute mouillée (des dreads vraiment très longues, mouillées, ça doit peser un sacré poids) peut évoquer, selon les sensibilités, Nina Hagen ou une sorcière/guérisseuse/medecine woman de l'ère pré-chrétienne.
Bref, à la prochaine occasion, allez vous les geler dans les Bauges! Vous verrez du pays!
Et puis si vous traînez dans les parages après ce genre de spectacle, vous aurez peut-être droit à des petits bonus inattendus, comme ce samedi soir, à côté du mini bus d'OVO, juste avant leur départ: un très soft "I wanna be loved by youİ" et une histoire de petite pieuvre, offerts parİ une voix de rêve accompagnée d'une minuscule guitare rouge.
Soirée joyeusement hallucinante jusqu'au bout.

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